L'histoire de Jessica
Jessica est une survivante du cancer du sein de 37 ans. Elle est mère de deux enfants et vit en France.
Jessica a consulté quatre médecins différents pour ses symptômes mammaires. À chaque fois, on lui disait qu'elle était trop jeune pour avoir un cancer et qu'elle ne devait pas s'inquiéter. Après six mois de visites chez les médecins, on lui a finalement proposé une échographie.
Voici son histoire.
« Je m'appelle Jessica Lozano, je suis mariée et j'ai 2 enfants. J'ai des parents mexicains (toute ma famille est originaire du Mexique et des États-Unis), mais j'ai été élevée en France. Mes parents voyageaient fréquemment, j'ai donc voyagé dans le monde entier. J'ai étudié le journalisme et la biologie, et jusqu'en juin 2019, j'ai donné des cours particuliers à des élèves de terminale et j'avais ma propre entreprise.
J'ai rencontré Jeune et Rose [une association caritative de lutte contre le cancer du sein en France] en novembre 2018. Lors d'un concert, ils m'ont remis un dépliant Know Your Lemons et m'ont demandé : “Saviez-vous que vous pouvez avoir un cancer à un jeune âge ?” J'ai été surprise au début, mais je leur ai dit que j'étais vigilante car ma tante avait un cancer métastatique. À l'âge de 13 ans, j'ai vu une publicité dans un magazine sur les auto-examens, avec le message très fort "vérifier vos seins et faire des auto-examens peut vous sauver la vie". Je ne sais pas pourquoi, mais depuis lors, je vérifie au moins tous les deux mois.
Début 2019, j'ai senti une grosseur et elle est restée pendant plusieurs cycles menstruels... sans grossir ni changer, mais toujours là. J'ai consulté deux médecins différents qui m'ont dit la même chose "ce n'est rien", "c'est dans votre tête", "vous ne pouvez pas avoir de cancer à votre âge", etc.
Je me suis souvenue des citrons : et j'avais un changement de forme, une grosseur dure et un mamelon inversé : 3 signes sur 12 ! J'ai demandé au médecin : « C'est comme un bingo ? Faut-il tous les avoir ? » Comme elle voyait que j'insistais sur le fait que quelque chose n'allait pas, elle a finalement accepté de faire une mammographie. Un mois plus tard, le radiologue m'a dit que j'étais trop jeune pour une mammographie et que cela pourrait provoquer un cancer quand j'aurai 70 ans, alors je devrais d'abord faire une échographie. Après l'échographie, le médecin m'a demandé si je voulais une biopsie. On ne m'a donné aucune information sur ce à quoi m'attendre pendant une biopsie en termes de douleur ou de temps que cela prendrait, mais je savais que cela me donnerait des réponses et sans aucun doute, j'étais sûre que c'était quelque chose. Mon corps savait que c'était quelque chose d'étrange. Une semaine après l'examen, le 16 juillet 2019, je suis dans une petite pièce lorsque le radiologue me dit : « Vous aviez raison, c'est un cancer triple négatif. Vous avez plusieurs examens prévus cette semaine et la semaine prochaine. Vous avez rendez-vous à Bergonié (le plus grand centre de cancérologie de Bordeaux) en août. Nous allons prendre soin de vous. »
C'était la seule fois où je ne voulais pas avoir tort ! Mais au moins, j'ai été prise au sérieux. La tumeur était un T1N0M0, moins d'un pouce de diamètre, alors j'ai subi une tumorectomie, suivie de 12 chimios et 33 séances de radiothérapie. Les traitements ont duré 180 jours, mais je suis en vie !
J'ai encore deux examens obligatoires par an pendant les 5 prochaines années, une palpation avec un médecin et une échographie/mammographie. Ce mois-ci, j'ai un rendez-vous en oncogénétique : une de mes cousines a BRCA2 et chaque génération de nos familles a eu un ou deux cas de cancer. Donc, si le test s'avère positif, je subirai une mastectomie préventive avec reconstruction directe et une fimbriectomie préventive.
Une femme sur 8 sera touchée par le cancer du sein, la prévention est donc essentielle. Je pense que la connaissance, c'est le pouvoir, mais il faut savoir ce qu'il faut rechercher.”
